Depuis quand y-a-t-il des marées vertes ?

La prolifération et l’accumulation anormales d’algues vertes sont liées à un apport anormalement élevé de nutriments azotés dans des baies en pente douce et relativement fermées. Les marées vertes sont donc bien une conséquence directe de l’activité humaine.

Avant la seconde guerre mondiale

Avant l'intensification de l’agriculture, les ulves  s’amoncelaient déjà à l'époque au niveau des sorties d’eaux usées non traitées de certaines grandes villes comme Belfast (Irlande), Alexandrie (Egypte) ou Portsmouth (Angleterre).

En Bretagne une photo aérienne de l’IGN datant de 1952 de la baie de Saint-Brieuc à marée basse, montre déjà de petits dépôts d’algues sur le cheminement du cours d’eau brassant les rejets urbains de la ville. En 1966 et 1986 les mêmes prises de vues IGN, montrent une intensification du phénomène, et surtout son déplacement au débouché du Gouessant, un autre cours d’eau traversant un bassin essentiellement agricole (*).

Les premières marées vertes bretonnes

Si la prolifération des algues a commencé en Bretagne dès les années 50, les marées vertes n’ont vraiment été médiatisées qu’à partir de 1970 en baie de Lannion, de 1972 en baie de Saint-Brieuc, de 1979 en baie de Douarnenez et de 1980 en baie de La Forêt. Les algues vertes étant un élément naturel de l'écosystème breton, les premières médiatisations correspondent  sans doute au moment où les marées vertes ont commencé à constituer une véritable gêne. Au point que les ramassages par les collectivités ont démarré dès 1971 en baie de Lannion et de 1973 en baie de Saint-Brieuc, en 1980 en baie de Douarnenez et en 1981 en baie de La Forêt (*). 

La forte augmentation des concentrations en nitrates dans les cours d’eau dès les années 1970 a été principalement le fait d’apports d’origine agricole (engrais minéraux et fertilisants organiques) mais également des flux de stations d’épuration (ces derniers sont aujourd’hui globalement maîtrisés)

Ailleurs en France et dans le monde

En France, les lagunes méditerranéennes ainsi que le bassin d’Arcachon ont été touchés dans les années 90. Mais dès la fin des années 90, la prolifération des algues vertes a surtout concerné la Bretagne, première région agricole de l’hexagone. Depuis, le phénomène se rencontre peu à peu dans d’autres régions comme la Normandie (baie de Seine et à l’ouest du Cotentin) ou sur le littoral des Pays-de-la-Loire et de Vendée jusqu’au sud d’Oléron.

En Europe, la Belgique, le Danemark, l’Irlande ou l’Italie ne sont pas épargnés. Dans le reste du monde, comme aux États-Unis ou en Inde, les « marées vertes » sont parfois très importantes. En Chine, où elles sont particulièrement abondantes, on a beaucoup parlé d'elles en 2008 avant les épreuves de voile des Jeux Olympiques de Pékin : 10000 hommes déployés ont récolté 170 000 tonnes d’algues sur 15000 kilomètres carrés !

(*) source « Les Marées vertes, 40 clés pour comprendre »

par Alain Menesguen, océanographe biologiste à l’Ifremer.

1952 :

premier signe de dépôt d'algues

en Baie de Saint-Brieuc

1972 :

Médiatisation de la prolifération des algues vertes en baie

de Saint-Brieuc

1979 :

Médiatisation de la prolifération des algues vertes en baie de Douarnenez

1981 :

Démarrage du ramassage

en baie de Concarneau

2008 : 

Chine : médiatisation de la prolifération des algues vertes lors des Jeux Olympiques.

1973 :

Démarrage du ramassage

en baie de Saint-Brieuc

1980 :

Démarrage du ramassage

en baie Douarnenez

1971 :

Démarrage du ramassage

en baie de Lannion