Plan de lutte contre la prolifération des algues vertes : 

une bataille à gagner par la reconquête de la qualité de l'eau

Ce site traite du phénomène de la prolifération des algues vertes et du plan de lutte, mais ne peut donner en temps réel l'état des échouages d'ulves. Pour cela, se renseigner directement auprès des mairies.

Le problème des pollutions diffuses et le phénomène des marées vertes ont été identifiés en Bretagne dès les années 70 et ont fait l'objet d'une mobilisation des acteurs de la Bretagne. Les programmes Bretagne Eau Pure, puis Prolittoral ont lancé les premières actions sur le terrain. Dès les années 90, l’Etat, le Conseil régional de Bretagne, les Conseils départementaux et l’Agence de l’Eau se sont associés pour initier une réponse à une problématique de pollution diffuse des cours d’eau par les  nitrates en travaillant de concert avec les territoires et les scientifiques. En 2009 après des échouages massifs d’algues vertes, la mort d'un cheval sur la plage met en lumière la dimension sanitaire du phénomène et appelle de nouvelles solutions en termes d’action publique. Le gouvernement met alors sur pieds un programme de lutte spécifique contre la prolifération des algues vertes, avec pour objectif de lutter à la source contre leur développement, via un ramassage systématique des algues échouées sur les plages. à travers la réduction des quantités d’azote arrivant dans les baies, tout en assurant la sécurité des personnes. Ce plan de lutte articule un volet volontaire au cadre réglementaire régional (programme d’actions nitrates notamment issu de la Directive nitrates).

 

Un plan de lutte spécifique mobilisateur

Dans les baies peu profondes du littoral breton, le seul moyen de parvenir à une maîtrise des échouages est « d’affamer » les algues en azote, ce qui suppose d’atteindre des concentrations en nitrates très basses dans les cours d’eau et, donc de faire évoluer en amont les pratiques agricoles (regroupement des parcelles, développement de l’herbe…).

Les actions conduites dans les 8 baies concernées par le dispositif au cours du premier plan de lutte contre les algues vertes 2010-2015 ont contribué à réduire les concentrations en nitrates, en net recul. Le second plan va permettre d’aller plus loin.

Une enveloppe financière d’un montant total de 60 M€ (dont 28 M€ sur les projets de territoire et 6,5 M€ sur le volet curatif) permettra d’appuyer les actions de ce deuxième plan de lutte.

Qu’est –ce qu’une « Baie algues vertes » ?

Au sens étendu, le terme de « Baie algues vertes » désigne à la fois la masse d’eau côtière touchée par le phénomène des algues vertes, mais également la partie terrestre amont comprenant les cours d’eau alimentant la masse d’eau côtière (également appelée bassin versant). C’est aussi par ce terme qu’est désigné l’ensemble des acteurs locaux qui conduisent des actions opérationnelles, identifiées dans un projet de territoire, pour remédier au phénomène des marées vertes.

Par simplification, le terme de « Baie » est souvent employé pour désigner la structure qui assure la coordination et le pilotage du projet de territoire.

Les axes d'actions sont définis dans le document-cadre élaboré par les acteurs bretons du PLAV sur mandat des ministères de l’environnement et de l’agriculture :

un volet préventif,

ciblé sur la diminution des fuites d'azote à l'origine de la prolifération des algues dans les baies concernées.

un volet curatif :  

ramassage et traitement des algues échouées,

un volet dédié

à l’amélioration de la connaissance du phénomène,

Ensemble, ces trois volets visent à répondre aux enjeux environnementaux, économiques, sanitaires et touristiques soulevés par les importants échouages d’algues sur les plages.

Pour les agriculteurs : conjuguer viabilité de l’exploitation et maîtrise des nitrates

Par rapport au précédent, ce second plan de lutte met encore davantage l’accent sur la nécessité de mettre en œuvre des actions préventives permettant aux exploitations agricoles de continuer à progresser en termes de maîtrise des fuites en nitrates (couverture des sols, mise en pâturage, aménagement de talus, diminution des achats d’azote alimentaire…) tout en visant à améliorer la viabilité économique des exploitations (développement du bio, vente de viande bovine élevée à l'herbe en circuit court…).

La recherche de cette double performance économique et environnementale est un des moyens permettant de garantir une amélioration des pratiques dans la durée.

Connaissance scientifique et innovation, des clés majeures de réussite du 2ème plan

Les solutions innovantes sont aussi encouragées, tant sur le plan technique que sur le plan des modalités de financement des actions locales.

Enfin, l’accent est mis sur la connaissance et l’appui scientifiques, via principalement le CRESEB, pour mieux comprendre les phénomènes très complexes qui président à la prolifération des algues dans les baies bretonnes, de même qu’au fonctionnement des bassins versants.