Agir

Modifier les pratiques agricoles

Améliorer les pratiques agricoles passe par l’optimisation de deux facteurs fondamentaux : le taux de couverture des sols et l’équilibre de la fertilisation.

Améliorer le taux de couverture des sols

Pourquoi c’est utile ?

Les successions de cultures aux cours de l’année laissent le sol nu pendant certaines périodes de l’année, ce qui contribue à faciliter les fuites en nitrates. Réduire la période de l’année pendant laquelle le sol n’est pas couvert (le sol est dit « nu ») permet de réduire les fuites de nitrates vers les nappes et les rivières. Améliorer le taux de couverture des sols dans l’année, au-delà des obligations réglementaires, est donc un enjeu important. Cela passe par l’appui à la mise en mise en place de couverts végétaux en plus de la culture principale.

Comment réduire les fuites de nitrates vers les nappes et les rivières

Que soutient le plan ?

Semis de couverts herbacés

Le plan soutient l’implantation de semis de couverts herbacés sous la culture de maïs par exemple (des semis entre les rangs qui assurent la présence d’un couvert végétal après la récolte du maïs – sans discontinuité – à un moment où il est difficile de semer).

Le semis d’un couvert (Ray grass italien) entre les rangs de maïs en juin.
Le même couvert une fois levé un peu avant la récolte du maïs en automne.

Réglementation nitrates sur les couverts végétaux

Pour limiter les fuites de nitrates vers les eaux, toutes les parcelles cultivées en Bretagne doivent être couvertes pendant les périodes pluvieuses (automne-hiver). Sont en particulier concernées les parcelles en inter-culture longue dans lesquelles doit être semée une culture intermédiaire piège à nitrates (CIPAN) au plus tard le 10 septembre. Après maïs, les parcelles doivent être semées au plus tard le 1er novembre. Dans les deux cas, le couvert doit être maintenu jusqu’au 1er février.

En savoir plus

Des semis précoces

Le plan soutient également des semis précoces de cultures intermédiaires après la récolte de céréale d’hiver ; le semis précoce permet une durée d’implantation plus longue de cette culture intermédiaire qui permet de capter davantage d’azote (jusqu’à 40 kg par ha).

Pour faciliter l’appropriation de ces techniques par les agriculteurs, ces semis précoces sont réalisés sous forme de chantiers collectifs, confiés aux CUMA et entreprises de travaux agricoles locales.

Optimiser la fertilisation organique et minérale

De nombreux facteurs à prendre en compte

Prévenir l’équilibre de la fertilisation à la parcelle dans les exploitations d’élevage bretonnes est quelque chose de complexe. Il s’agit de ne pas apporter plus de fertilisant que ce dont la culture a réellement besoin en tenant compte de ce que peut apporter naturellement le sol.

Un certain nombre de facteurs doivent être pris en compte :

  • les rendements visés pour les cultures
  • les apports en fertilisants minéraux et organiques
  • la façon dont les fertilisants organiques s’incorporent au sol et libèrent au fil des ans et des matières azotées utilisables par les plantes
  • les apports indirects par le sol lui-même, dont la matière organique se minéralise de manière très différente selon le type de sol, le climat et l’histoire des parcelles.

Sur ce sujet difficile à maîtriser totalement, des conseils gratuits sont proposés à tous les agriculteurs des territoires algues vertes, afin de les aider dans leur réflexion et leurs décisions pour faire évoluer leurs pratiques agricoles en termes de fertilisation.

Principes de l'équilibre de la fertilisation

Pour éviter les pertes en nitrates sous les parcelles agricoles, les apports azotés (par la fertilisation et le pâturage) doivent être équilibrés en fonction de :
– l’absorption estimées par les cultures
– la fourniture d’azote par le sol, par minéralisation de l’azote présent dans le sol sous forme organique (matières animales et végétales décomposées formant l’humus), sous l’action de la faune microbienne
– la fourniture d’azote par les légumineuses, par fixation de l’azote de l’air.

Il convient donc de faire correspondre les périodes et les doses d’apport aux capacités d’absorption des cultures ainsi que de prendre en compte les reliquats d’azote de la culture précédente et le potentiel de minéralisation du sol.