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La maîtrise du risque

La maîtrise du risque

Dans le cadre du Plan de lutte contre la prolifération des algues vertes, un ensemble d’actions est mis en place pour faire face à ce phénomène et limiter au maximum les risques potentiels pour la santé :

  • Un ramassage systématique des algues vertes échouées sur les plages est assuré quotidiennement par les collectivités, afin d’éviter leur décomposition. Les algues collectées sont ensuite acheminées vers des sites de traitement et transformées en agents fertilisants.
  • En cas d’impossibilité de ramassage (secteurs difficiles d’accès, rochers, vasières…), les zones concernées sont interdites d’accès avec mise en place d’une signalétique spécifique.
  • Des actions, impliquant les agriculteurs et l’ensemble des autres acteurs locaux, visent à accélérer la dynamique de réduction des fuites d’azote dans ces territoires particuliers.
  • Les scientifiques sont également mobilisés pour mieux comprendre ce phénomène.

Les apports de la recherche

A la demande des services de l’Etat, le Centre d’études et de valorisation des algues (CEVA) a réalisé une étude visant à identifier les zones de dépôts d’algues à risque en Bretagne (IZAR) afin d’améliorer les connaissances relatives :

  • à la localisation des zones d’échouages d’algues vertes, en procédant à une analyse interannuelle des dépôts d’algues vertes sur la période 2010-2018, ces zones de dépôts d’algues vertes récurrents étant les plus susceptibles d’engendrer des secteurs de putréfaction
  • à la localisation et à l’analyse de l’occurrence des zones de dépôts d’algues putréfiés
  • au potentiel d’émissions à forte teneur en hydrogène sulfuré ou sulfure d’hydrogène (H2S) de ces dépôts putréfiants potentiellement dangereux.

Les principaux résultats de l’étude, qui a été réalisée sur la période 2019-2020 :

  • les valeurs de concentrations mesurées sont très variables et dépendent de différents facteurs (état de putréfaction du dépôt, conditions locales…). Les teneurs à hauteur d’homme restent, en général, à des niveaux peu élevés, qui ne présentent pas de danger (pas de toxicité aiguë), alors que, au ras du sol, les teneurs peuvent à l’inverse atteindre des niveaux élevés à très élevés en cas de perturbation d’amas putréfiants, potentiellement à l’origine d’intoxications aiguës en cas d’inhalation à ces concentrations
  • une cartographie de ces dépôts a été réalisée. Elle est disponible sur le site GéoBretagne.

Télécharger le rapport IZAR

Le ramassage des algues vertes

Qui ramasse les algues vertes ?

Les collectivités collectent systématiquement les algues lors des échouages massifs et sont indemnisées dans le cadre du Plan de lutte contre la prolifération des algues vertes. Du fait de la dangerosité du sulfure d’hydrogène et des autres gaz produits par la décomposition des algues échouées depuis plus de 24 heures, les ramassages sont très contrôlés et obéissent à des règles de sécurité strictes.

Les algues doivent impérativement être collectées lorsqu’elles sont encore fraîches. 24 à 48 heures maximum après leur échouage. Des stockages intermédiaires très encadrés, pour permettre leur ressuiement, peuvent être mis en place avant d’envoyer les algues dans un centre de traitement.

Equipement de sécurité

Que le ramassage soit mécanique ou manuel, les opérateurs doivent systématiquement porter un détecteur de gaz avec une fonction hydrogène sulfuré placé près des voies respiratoires pour être constamment informés du niveau de risque existant.

Dès que le détecteur de gaz atteint une valeur trop élevée et dépasse 10 ppm d’hydrogène sulfuré, les opérateurs doivent s’équiper d’une cagoule filtrante anti-gaz à ventilation assistée, permettant de protéger à la fois les voies respiratoires et les yeux. Au delà de 50 ppm, les opérateurs doivent à la fois mettre cette cagoule et évacuer la zone de travail.

Le traitement des ulves

Traitement par compostage

Les algues ramassées sont mélangées à des produits de type déchets verts, à l’aide d’un mélangeur qui répartit la matière organique et augmente la porosité du produit pour le composter.
Une fois le mélange mis en fermentation dans des tunnels de compostage, il est transféré dans des tunnels de maturation.
En fonction du processus privilégié par les stations de traitement, le produit stabilisé final peut être
– soit un composant inerte constitué essentiellement de sable
– soit un compost valorisable par épandage, permettant d’amender les parcelles agricoles.

Traitement par épandage

Les algues vertes sont épandues directement sur les parcelles, les ulves servant de fertilisant aux productions agricoles.
Après un temps de ressuyage, les algues doivent être épandues le plus rapidement possible afin d’éviter toute fermentation.

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Les fermetures

Une mesure exceptionnelle

Un dispositif efficace de ramassage des algues est mis en place par les collectivités. Mais, en cas d’impossibilité de ramassage, notamment dans des secteurs difficiles d’accès, tels que les zones de rochers et les vasières, les sites sont fermés au public, afin d’éviter toute exposition des usagers. Un balisage et une signalétique sont alors mis en place.