Territoires mobilisés

Baie de Saint-Brieuc

La Baie de Saint-Brieuc est la plus grande des huit baies concernées par Plan de lutte contre la prolifération des algues vertes.

Avec un bassin versant de près de 100 000 hectares, elle représente à elle-seule environ la moitié de la surface des baies bretonnes du plan. Les quatre rivières côtières alimentant la baie répondent à des dynamiques hydrologiques différentes en termes de substrats – schistes d’une part, granite de l’autre – et de pluviométries annuelles (écart de 200 mm entre l’est et l’ouest de la baie).

Le 1er Plan de Lutte contre les Algues Vertes a été signé en 2011 (PLAV1) et le second plan de lutte a été signé en janvier 2018 (PLAV2).

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baie en superficie concernée
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exploitations agricoles

Bilan des actions menées

Etant parmi les premières baies, avec la Lieue de Grève, à avoir été touchées par le phénomène de marées vertes, elle a bénéficié du programme Prolittoral dès les années 2000. Le premier plan a donc été pour la Baie de St-Brieuc une étape supplémentaire dans la lutte contre la prolifération des algues vertes.

Les résultats obtenus par les acteurs de la Baie au bout de dix ans de travail collectif sont encourageants puisque le cumul des surfaces d’échouages a diminué de 45 % entre le début des suivis (2002-2005) et la période récente (2013-2016).

Sachant que le démarrage et l’ampleur des marées vertes peuvent aussi être favorisés par un stock d’algues important en fin de saison, l’absence houle et de tempêtes hivernales, une eau chaude au printemps et des épisodes pluvieux plus ou moins intenses en cours de saison.

Baie 2027 : améliorer la qualité de l'eau

Quatre cours d’eau principaux contribuent aux apports d’azote dans la baie : le Gouëssant, Gouët, l’Urne et l’Ic. L’objectif « Baie 2027 » est plus large que la baisse des flux d’azote : il vise aussi la réduction des concentrations en pesticides et en phosphore dans les eaux.

Sur la période 2015-2017, les flux d’azote printemps-été (172 t) ont baissé de 53 % par rapport à la référence 1999-2003. L’objectif 2027 est de descendre à 130 t N (NO3+NH4)/an.

L'engagement des agriculteurs

Sur les 1 086 exploitations agricoles de plus de 3 ha du bassin versant de la baie de Saint-Brieuc, plus de 80% se sont engagées sur la base du volontariat à mettre en place des actions pour diminuer les fuites d’azote.

Azote et qualité de l'eau

La baie de St Brieuc a connu une détérioration continue de la qualité de l’eau de ses cours d’eau depuis les années 70/80, principalement liée à la densité de l’agriculture sur son territoire.

Dès les années 2000 le territoire s’est mobilisé pour diminuer les flux d’azote des bassins versants vers la baie. Lors du PLAV1 une réduction de 30 % de ces flux a été observée entre 2010 et 2015. L’objectif est désormais de poursuivre les efforts engagés pour diminuer ces flux de 60 % d’ici 2027.

Actions mises en oeuvre

Impliquer les professionnels

Aider les exploitations d’élevage mixtes basées sur la production bovine à maitriser leurs charges dans le respect d’une agriculture biologique et valoriser la production de lait à herbe pâturée portée par le CEDAPA.

– Poursuite et adaptation de la stratégie du SAGE

– Optimisation des pratiques et introduction d’évolutions profondes sur les secteurs sensibles à forte lame drainante et les espaces stratégiques.

– Prioriser les soutiens financiers en direction des exploitants agricoles.

– Soutenir les expérimentations menées par les agriculteurs eux-mêmes .

– La Baie de Saint-Brieuc doit devenir une « zone soumise à innovation expérimentale environnementale» en faisant avancer le regroupement parcellaire, essentiel pour développer des pratiques vertueuses.

Trois types d'approches

Pour être pérennes et efficaces, les actions mises en œuvre doivent mobiliser tous les acteurs, qu’il s’agisse des pouvoirs publics, des collectivités locales et bien évidemment des agriculteurs et exploitants.

Ces derniers, bien que fortement concernés et sensibilisés par la problématique des algues vertes, doivent appliquer des mesures qui n’impactent pas le fonctionnement et la viabilité financière de leur exploitation, sous peine d’un désengagement.

Les 3 types d’approche proposées :

Par projets : par type d’exploitations agricoles en fonction des filières,

technique : développement de pratiques limitant les risques de fuites,

territoriale : aménagement de secteurs ciblés pour générer un meilleur tamponnement des flux.

Optimiser les conditions de réussite

– Mobiliser et créer des outils pour accompagner les évolutions progressives des exploitations.

– Favoriser l’émergence de projets de filières porteurs de changements de pratiques favorables sur les Baies Algues Vertes (par exemple, les circuits alimentaires de proximité, l’optimisation des pâturages en fonction de l’herbe et du fourrage à disposition, etc.).

– Mise en place d’une synergie entre les structures accompagnatrices des agriculteurs pour obtenir l’engagement sans faille de tous.

– Communiquer : résultats, actions en cours, opportunités offertes par le plan

– Obtenir un engagement sans faille de tous les acteurs (agriculteurs, opérateurs économiques, collectivités).

– Baie 2027 : permettre aux agriculteurs d’évoluer plus vite dans le contexte de la Baie.