Marées vertes : quels risques ?

Lorsqu’elles sont en mer ou déposées depuis peu sur la plage, les algues vertes ne représentent aucun danger pour la santé. Intrinsèquement, les ulves ne sont pas toxiques, en revanche leur décomposition au soleil produit des gaz dangereux pour l'homme comme pour l'animal. A noter cependant que lorsqu’elles sont en suspension dans l’eau, les algues vertes limitent la transparence de l’eau et constituent par conséquent une entrave majeure au secours des personnes en situation de noyade.

Les collectivités ramassent systématiquement les algues vertes sur l'ensemble des plages afin d'éviter tout risques liés à leur décomposition. Il peut arriver que des échouages ne soient pas ramassés immédiatement (pour cause de pannes de matériel de ramassage, par exemple). Mais les services communaux sont particulièrement vigilants : ils délimitent des zones interdites d'accès, informent le public, voire ferment la plage par arrêté municipal.

 

​Comprendre les risques

  • La putréfaction des algues vertes entraîne des risques dès qu'elles sont amoncelées en tas, le plus souvent en haut des plages et qu'une croute commence à se former en surface sous l'effet du soleil.

  • Au bout de 24 à 48 heures,  les algues en décomposition sous cette croute fermentent en produisant du sulfure d'hydrogène (H2S), un gaz potentiellement mortel pour l'homme comme pour les animaux.

  • Crever la croûte ou marcher sur le tas d’algues libère subitement le sulfure d’hydrogène et représente  un vrai risque pour la santé, même si le danger diminue très vite car le gaz se disperse rapidement à l'air libre. 

  • L’effet de l’inhalation de ce gaz toxique peut aller d’une simple gêne (odeurs, picotements des yeux et du nez) à un malaise grave, voire la mort dans des cas extrêmes.

  • Le degré de gravité dépend de la quantité de gaz libérée et de la proximité de la source, notamment pour les animaux et les enfants, plus proches du sol.

  • Plus on s’éloigne de la source des émanations, plus le risque diminue, même si l'odeur d'oeuf pourri dégagée par l’hydrogène sulfuré représente une vraie nuisance.

Le ramassage systématique des algues vertes sur les plages permet de limiter fortement les risques, mais il est conseillé de :

  • Ne jamais marcher sur la croûte formée par les algues.

  • Ne pas laisser les enfants ou les animaux divaguer à proximité d'une zone d’échouage.

  • Se tenir éloigné des chantiers de ramassage des algues.

  • S’éloigner de la zone en cas d’odeur d’œuf pourri, caractéristique de la présence de sulfure d’hydrogène.

  • En cas d'échouage important, alerter la marie ou l’office de tourisme du lieu concerné s’il s’agit d’une plage non surveillée.

  • Appeler le 112 en cas de malaise. 

Bon à savoir

L'Agence Régionale de Santé (ARS) a installé des panneaux d'information le long des plages des 8 baies les plus susceptibles de connaitre des échouages importants d'algues vertes.

Le public y trouve toutes les informations sur les risques encourus et sur la conduite à tenir en cas d'échouages.

Effets observés chez l'homme en fonction du niveau d'exposition au sulfure d'hydrogène (source ANSES 2010)

A noter que si l'hydrogène sulfuré est le principal gaz émis lors de la putréfaction des algues vertes, de nombreux autres composés sont également présents et pour une large part d'entre eux les valeurs toxicologiques de référence sont encore inconnues.

Accidents ayant mis en cause les algues vertes 

Septembre 2016 :

Un joggeur a été retrouvé mort dans la vase de la baie de St Brieuc.  Le lien entre son décès, visiblement du à une privation d’oxygène et les algues vertes ou le sulfure d’hydrogène n’a cependant pas été établi.

2011 :

36 sangliers qui ont été retrouvés morts dans la baie de St Brieuc au fil de l’année. Les analyses réalisées ont montré que la majorité d’entre eux présentaient un taux élevé de sulfure d’hydrogène.

22 juillet 2009 :

Un employé chargé du transport d'algues vertes ramassées meurt d'un infarctus après avoir déchargé des algues . La justice pénale a prononcé un non-lieu car  les analyses médicales n'établissent pas de lien certain entre l'infarctus du transporteur et la présence d’algues vertes. En juin 2018, le TASS (Tribunal des Affaires de Sécurité Sociale) a cependant reconnu le décès du chauffeur comme un accident du travail.  

Juillet 2009 :

Sur la plage de Saint-Michel-en-Grève, un cavalier a perdu connaissance lors d’une promenade et son cheval est mort dans une vasière. Les analyses réalisées sur le cavalier et son cheval ont révélé une forte présence de sulfure d’hydrogène.

L’Etat a été condamné le 21/7/2014 par la cour administrative d’appel de Nantes à indemniser le cavalier pour les préjudices subis, notamment la perte de son cheval. 

12 juillet 2008 

Deux chiens meurent à Hillion (22) : cet évènement marque le début des suspicions de toxicité des gaz émis par les algues vertes en Bretagne